Pierre-Luc James Bourez Voyageur et autodidacte

Le budget voyage

Le minimalisme et les impondérables

Voici pour répondre à l'une des questions les plus fréquemment posées, un petit article sur le budget en voyage.

Je vous présente ici ma façon de faire, elle me correspond assez bien, mais ne correspondra pas à tout le monde. Je suis en effet un peu "minimaliste". Je détails ici les investissements, le temps que ça m'a pris, et en partie, mon mode de vie, car c'est bien le mode de vie qui a le plus d'impact sur un budget, en voyage ou dans toute autres situations de vie. Si certaines questions restes en suspens, n'hésitez pas à les poser par mail, je ferais des ajouts, bonne lecture!

1/Le minimalisme, qu'est ce que c'est?

« Le minimalisme est un style de vie dans lequel vous limitez ce que vous possédez

à l’absolu minimum dont vous avez besoin pour vivre. »

                                                                                                    Fumio Sasaki

Il existe autant de façons d'être minimaliste, que de personnes qui le pratique. Pour ma part, j'ai commencé à aborder ce mode de vie alors que j'étais étudiant boursier. Lorsqu'on vit avec 400 euros par mois, il est indispensable de réviser les priorités! L'indispensable passe au premier plan, tandis que le reste passe aux oubliettes. Simple! Mes années d'architecture ont été spartiates, mais également un temps d'apprentissage précieux de la valeur des choses et de l'importance de nos choix de consommation. Je vous explique:

"Dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous dirais comment vous en passer"

Coluche

Cette phrase illustre bien le projet. Si vivre de manière minimaliste fait beaucoup de sens dans un voyage, il est tout aussi intéressant dans la vie de tous les jours, de pratiquer à son niveau cette philosophie. On consomme moins, donc on gagne du temps, de l'argent, on améliore son empreinte carbone, et sur de nombreux plans, on vit mieux.

En 2018, le nomade digital s'accorde bien avec les théories minimalistes: en matière de voyage, les aspects les plus importants sont la légèreté, les économies, et l'autonomie. À titre d'exemple, ma bibliothèque de 200 kg a été vendue, maintenant j'utilise un Ebook, qui pèse 200g j'ai ainsi sur moi en permanence un bon livre, sans le poids ni l'encombrement. J'applique ce principe à la plupart des aspects de ma vie. Je n'ai pas de voiture, mais un vélo que je peux entretenir moi-même, économisant ainsi essence, assurances, péages, réparations etc. pas de maison mais un sac à dos, plus de guitares, mais un harmonica. En réduisant le poids et le volume de nos biens, on réduit la prise qu'ils ont sur nous. J'ai donc moins de postes de dépense, ce qui revient à avoir moins besoin d'argent. Je peux donc travailler moins. Autant de temps gagné que je peux prendre pour moi.

"Les matérialistes ont des montres, les minimalistes ont le temps."

Et l'éthique tiens ?

 

La philosophie minimaliste invite à repenser le rapport que nous avons à la consommation. C'est au quotidien remplacer le mot "acheter" par d'autres mots, comme "récupérer", "échanger", "troquer" "emprunter", "fabriquer", "inventer", "créer", "imaginer", "apprendre"..

 

En augmentant notre vocabulaire, nous augmentons nos champs de perceptions, d'actions, nous élargissons nos horizons. On fait du lien social, on fabrique du vivre ensemble, et on réduit l'usage unique, le besoin de profit, etc. Si tout le monde s'y mettait, nous aurions tôt fait de renvoyer les Monsanto, Bayer, l'Oréal, et j'en passe, à l'état de projet raté, d'erreur inconséquente, et sans plus d'importance du développement de l’espèce humaine.

 

Un autre changement amené par le mode de vie minimaliste, c'est l'alimentation: moins de produits transformés, moins de sucre, moins d'alcool. J’apprends la diversité, ce qui a un impact positif sur ma santé (pas de cholestérol dans les fruits et légumes, eh non, pas de carences non plus) et le plus beau, c'est que je ne soutiens plus l'économie de la viande d'élevage (pollution, culture du viol, et génocide animal). Le minimaliste passe par la force des choses, de consommateur, à consom' acteur. Je deviens plus respectueux de la vie, celle des animaux, et la mienne. Cela allège aussi considérablement mon budget nourriture.

2/ Le budget

Comme vous devez l'avoir déjà deviné en lisant la première partie, mon budget est minimaliste lui aussi.

À la question "comment fais-tu pour voyager comme ça ?" La réponse est simple, je travaille. Travailler, oui, mais pas que.

La préparation:

Entre le moment où j’ai décidé de partir, et le départ j’ai travaillé une année comme coordinateur dans une association.

Je recevais un salaire net d'environ 1400 euros, soit, 16 800 euros sur l'année.

Je ne sais plus exactement comment je me suis débrouillé, mais, mes postes de dépense en préparation ont été ceux-là;

 

  • 3000 euros pour le vélo et le matériel de camping (tente, tarp, duvet, sacoches, réchaud ect.)
  • 600 euros de vaccins (je donnerai le détails)
  • 5000 euros épargné en prévision du départ
  • 80 euros de passeport.

 

Le rétro calcul donne 8680 euros d'investissement dans le voyage sur l'année.

 

Le loyer que je payais pour ma chambre meublée, charge comprise: 320 euros x 12 mois =3840 euros

Ce qui me laissait pour la nourriture, les transports, les sorties,  4280 euros, par 12 mois, soi 356 euros par mois.

Pour arriver à 11.80 par jour en moyenne sur l'année avant le départ. Je suis sur que j'aurais pu faire mieux.

En voyage:

Logement:

Je n’ai pas de frais de logement, ou très peu. En utilisant les réseaux sociaux dédiés comme warmshower, couchsurfing, Be-welcome, Hospitalityclub, ou encore, différents sites d’échanges de logement contre des services, (Woofing, Help-X, Backpackerworld etc, etc.  Ses différents réseaux sont également un moyen parfait pour s’immerger complètement dans la culture locale, et apprendre la langue par exemple.

Nourriture:

Les soirées que je passe seul, sont finalement assez rare, tellement, que quand c'est le cas, je me contente en général de riz cuit sur le réchaud, que j'agrémente de tabasco, et de ce que la journée m'a apporté de fruits.

Dans mes sacoches, un sac de fruits secs et de noix, graines, et autres cacahuètes , riche en protéines, sucre et fibre qui m'apporte finalement, toute l'énergie dont j'ai besoin.

Activités:

Les rencontres qui enrichissent le cœur et l'esprit ne nécessitent pas de prendre un ticket, il suffit de se lever et de tendre la main pour apprécier une culture ou les joies de la nature. C'est là mon point de base pour tout le reste. Je rencontre les locaux, et je fais comme eux. Ils savent vivre chez eux!  Pour le reste, il suffit d'être un peu malin, encore une fois, ouvrir les yeux et les oreilles, les réseaux sont là pour ça. Les évènements publics sont souvent largement diffusés sur les réseaux, et à défaut d'être informés, les locaux et les autres voyageurs vous seront d'une aide précieuse.

Oui mais, le reste?

Je fais des petits boulots sur la route, parfois contre un peu d’argent, parfois contre un service, une invitation. Acheter est vraiment un système d'échanges qui a peu d'avantages. Si besoin, je trouve toujours du travail.

 Le plus souvent, c'est le travail qui me trouve, serveur, menuisier, charpentier, mécanicien cycle, comme la restauration d’une chaloupe, ou les vendanges en Oregon. Je dépense peu, ce qui me donne les moyens, de temps à autre d'être plus dépensier pour les choses qui me tiennent à cœur, comme la construction d'un petit bateau au Mexique, une concert particulier, ou des cours de plongée.

Trace
Plan du site Support Contact

Envoi du formulaire...

Le serveur a rencontré une erreur.

Formulaire reçu.